Une année de palace

À chaque saison, son palace asiatique à Paris! On a eu le Royal Monceau en automne, on a le Shangri-La cet hiver, on aura le Mandarin cet été. Ce fut une grande claque de modernité Starckienne avec l’ouverture du premier, c’est une deuxième claque au Shangri-La, mais dans un registre classique- historique, cette fois ci. Indéniablement, deux belles et grandes « leçons » d’hôtellerie données aux parisiens: chaleur de l’accueil, splendeur de la restauration des lieux, douceur des ondes et des odeurs.

En entrant, on parle tout bas, on se sent tout petit face a cette immense bâtisse Napoléonienne, à cet escalier central majestueux, à cette salle de bal tout en dorures. On se sent protégés aussi, comme dans une ambassade coloniale, la notre serait plutôt du coté de Honk Kong avant la guerre, décoré en vert
céladon par Madeleine Castaing, avec des clients très élégants et une ambiance Café Society. Pas facile de mettre l’assiette au même niveau de raffinement, surtout quand les deux restaurants gastronomiques prévus, le Français (L’Abeille) et l’Asiatique (le Shang Palace) n’ouvriront qu’au printemps.
En attendant, on doit se contenter d’une carte sobre et mixte qui alterne les classiques des deux cultures sans les fusionner, qui alterne aussi le meilleur et le banal : Le tartare de saumon, huitres et dorade est
d’une grande finesse tandis que le pithiviers de Gibier s’est révélé un peu compact. Les Singapore Fried Noodles sont certes irréprochables mais sans vraiment avoir le parfum de celles à 1 dollar dans la rue, ou la légèreté de celles d’un palace de Kowloon. Le Hainan Chicken Rice, poule au pot Chinoise, propose lui aussi un mi chemin entre un bouillon subtil et un riz délicieusement parfumé mais qui accompagnent malheureusement un poulet un peu fade, même assaisonné de sauce soja.

Pendant un instant, on a bien cru quand même que l’on était dans un film de Wong Kar-Wai mais dehors, il ne faisait pas 27 degrés, le taux d’humidité était loin des 90% et il n’ y avait pas de Tuk Tuk dehors mais un taxi G7.

Quand nous y retournerons, au printemps, pour l’ouverture du Shang Palace, la référence gastronomique des Shangri-La d’Asie, l’illusion devrait cette fois être parfaite.

Hotel Shangri-La, 10 Avenue d’Iena 75116, 01 53 67 19 64
Carte 70 euros ; Pas de menus.
http://www.shangri-la.com/paris/shangrila/

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